La dernière chance

Publié le par Cedric Dubois

 

Si seulement on pouvait savoir quand elle arrive cette dernière chance que l’autre nous accorde avant de tourner à tout jamais… la page d’un bel amour. Oh ! Comme nous l’aurions évitée l’erreur qui fut fatale à notre cœur. Trop de personnes s’imaginent que la patience est une vertu sans limite.

Trop d’êtres en amour pensent que l’autre aimera toujours en dépit de tout ce qu’ils peuvent lui faire endurer… pour ne pas dire souffrir. Trop sûrs d’eux, ils jouent avec le temps au nom des sentiments sans s’apercevoir que la dernière étincelle est à deux lueurs de s’éteindre.

On commet des bévues, on récidive dans ce qui blesse pourtant celui ou celle qu’on aime tant… et l’on attend. Tel un enfant, on croit être pardonné de ses fautes impunément jusqu’à la fin des temps. On se dit, inconsciemment : " Bah ! Elle a passé l’éponge lors du premier hiver, elle a fermé les yeux pas plus tard qu’hier. Alors, pourquoi m’en faire ? "

Grave erreur de jugement, car vient toujours le moment où plus rien n’achètera le pardon sur lequel on se couche comme sur un lit de roses. À chaque écart de conduite, c’est pourtant une pétale qui tombe de la marguerite, mais imbu de son pouvoir sur le cœur de l’autre, on ne voit même pas à quel point les émotions s’allègent au fur et à mesure que le vase se renverse.

La dernière chance, c’est peut-être celle que vous prendrez demain en pensant qu’une fois de plus, un tendre baiser viendra effacer les actes reprochés.
C’est si sournois l’amour, surtout quand la tolérance en a fait le tour. Il arrive donc qu’un beau matin, comme d’habitude, avec certitude, on s’excuse encore une fois en quête d’absolution.

On va encore prétendre : " Ca va encore passer " et qu’elle sera en mesure de comprendre ce qu’elle a trop longtemps accepté. On se couche inquiet face à l’erreur commise, mais on croise les doigts et on mise encore une fois sur le partage d’un avenir. D’ailleurs, n’est-ce pas toujours à l’être aimé que l’on jure de ne plus jamais recommencer ?


N’est-ce pas à ce cœur que l’on conte sa peine et son angoisse ? Quand on sent la soupe chaude, on implore un dernier sursis. Et quand l’autre accepte avec un sourire empreint de bonté, on est fier d’échapper un OUF! D’avoir encore gagné. Puis, un jour, bêtement, sans avis, sans le moindre regret, l’autre nous dit que c’est fini.

On sursaute, on implore, on promet, on va même jusqu’à jurer… comme d’habitude, même le plus beau poème de Voltaire ne peut ramener l’être pourtant si cher. Un bouquet de violettes, quelques larmes, deux ou trois lettres… et, rien, plus rien ne ravive la terre trop mal ensemencée.

La dernière chance, c’est celle qu’on a prise avant que le cœur de l’autre s’octroie une délivrance. On pensait bien que c’était l’avant-dernière. Mais non, c’était la dernière et l’injure de plus se devait d’être notre dernière prière. Le pire dans une histoire d’amour, c’est que l’on sait que, tôt ou tard, tout vient s’éteindre à force de mal étreindre.

C’est à jouer ainsi avec l’autre qu’on en vient à se perdre, soi. On lui reprochait sa méfiance, faute d’être capable de lui redonner confiance. Si le cœur est parfois sans issue, la bonté a ses limites. Bien sûr qu’elle aura aussi mal que vous quand viendra l’heure du départ. Mais un autre cœur, viendra doucement déposer un baume sur la plaie.

Et vous dans tout ça ? Triste portrait, n’est-ce pas ? Parce que vous l’aimiez sincèrement ? Parce que vous n’avez rien tenté pour sauvegarder cet être pour lequel vous viviez ? Trop tard et tant pis. C’est à jouer avec sa dernière chance que bien souvent l’on meurt… à défaut de n’avoir pu protéger son bonheur.

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Publié dans Réflexions

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