Quelques traces de mélancolie et de nostalgie subsistent depuis quelques jours...J'ai envie d'écrire mais ma plume semble triste...
Et puis cela a fait tilt...Et si au lieu de m'épancher sur mes états d'ame, je me racontais tout simplement ...
Vous pourrez découvrir au fur et à mesure des articles qui suivront , l'histoire de votre hôte depuis sa naissance jusqu'à ce jour...Quelques photos aussi agrémenteront les récits, et le tout se retrouvera dans la catégorie '' Mon Histoire ''...
Le blog ne se résumera pas uniquement à cela dans les semaines qui vont suivre, mais Mon Histoire en sera en quelque sorte le fil rouge...
Ma vie a-t-elle été si passionnante que cela...Jugez-en par vous-même...
Comme disait Coluche '' c'est l'histoire d'un mec ...''
6 avril 1974 , 23h30, maternité de Longeville-les-Metz...La salle est obscure, mal éclairée, du moins c'est ce que je crois car franchement je n'y vois rien encore!! Tout ce que je sais et que j'aime encore aujourd'hui, c'est que j'ai besoin d'un bon bain!!
Cela n'est que le fruit de mon imagination sauf pour la date et le lieu !! Je ne connais personne qui se souvient du jour de sa naissance...Et pour ma part c'est bien pire, j'ai très peu de souvenirs de ma petite enfance!!Rassurez-vous pour ceux qui seraient inquiets, je n'ai pas été maltraité non plus, alors n'envoyez pas la DASS chez mes parents!!
Apparement, j'ai marché relativement tard!! Mon moyen de transport préféré était mes genoux, je n'avais pas trop le gout de l'effort à cette époque-là!! Ceci dit, à peine debout je fus irrémédiablement attiré par les balles quelle que soit leur taille...Et j'avais surtout un oncle dont l'un des passe-temps principaux était justement de jouer avec moi...Notre plus belle oeuvre commune fut l'anéantissement d'un vase en cristal chez Papi et Mamie...
Quelques flashs me reviennent en mémoire néanmoins...Et curieusement, une image m'ait toujours restée gravée alors que la personne en question je l'ai très peu connue. Je dois avoir entre 2 et 3 ans, et je suis sur les genoux de mon grand-père paternel. Nous sommes dans la cuisine chez mes grands-parents, il ya près de nous un vieux poste de radio, de ceux que l'on voit dans les films se déroulant au milieu du XX e siècle, et je sais qu'il me fait sauter sur ses genoux, comme tous les grands-pères le font avec leurs petits-enfants.C'est la seule image que j'ai de Pépé qui est parti la même année.
C'est étrange tout de même, que l'un des rares souvenirs de cette pèriode soit celui de mon grand-père que j'ai si peu connu...Je ne crois pas aux hasards, je crois en Dieu tout simplement...Et cela me parait évident que c'est un signe qui m'a été adressé par Dieu afin que pense et prie pour mon grand-père défunt.
La même année, nous sommes en 1977, j'ai droit aussi à une petite soeur qui s'appelle Rébecca...Je suppose, que comme tous les enfants qui voient un jour débarquer un frère ou une soeur dans la maison, j'ai du m'occuper d'elle, la promener ...Le hic c'est que je ne m'en souviens pas non plus...Donc j'ai une soeur.
Je ne vous dirai pas que je je savais écrire à deux ans et demi, ni que je lisais Rousseau à 3 ans et encore moins que j'ai proposé une troisième voie pour le développement économique des pays du Tiers-Monde à 4 ans....Non, je ne vous le dirais pas...Car ce n'est pas totalement vrai non plus...En réalité, cela est venue bien plus tard, comme tout le monde !!!
J'ai 5 ans quand mes parents décident de m'inscrire à un club de Gymnastique car je suppose que je dois être un peu trop turbulent et encore un peu petit pour me lancer dans d'autres sports!! Mais là j'avoue que si il existe un sport pour lequel je n'avais aucune prédisposition c'était bien celui-là!! C'était une catastrophe..Mais j'étais nul à un point !! Trop raide, trop peureux pour aller sur les barres..Le seul élément que j'ai maitrisé finalement c'est la roulade...
Heureusement qu'à l'école maternelle, j'avais plus de talent pour soulever les jupes des filles..Un don parait-il qui a quand même couté une petite convocation à l'école pour mes parents !! La première d'une longue série...
Je viens d'avoir 6 ans ...Je suis à l'aube de d'entrer à l'école élémentaire du Parc à Amnéville, au CP chez Maman...
Souvent entendons-nous dire que les années se suivent mais ne se ressemblent pas. C'est un voeu pieux pour ma part.
Les scientifiques et les économistes prétendent que tout est question de cycles, alors sept années de vaches grasses vont-elles succéder à sept années de vaches maigres?
Si je devais formuler un seul désir, ce serait celui-là, mais je me doute bien que je ne suis pas le seul à souhaiter pareil changement.
1999 fut l'année de l'émancipation, l'année du mariage, l'année du vrai départ et du détachement vis à vis du cocon familial.
Les uns vivent leur mariage comme le plus beau jour de leur vie, les autres dont je fais partie, disent que ce fut une très belle journée.
Peut-être qu'à postériori et avec le recul, je suis moins enthousiaste que je ne le fus par le passé mais cette journée a aussi trouvé son épilogue.
On dit que le romantisme est l'apanage de la gente féminine, que seules les filles croient au Prince Charmant...Je croyais à la belle au bois dormant et je pensais l'avoir trouvé, je ne me posais pas la question '' est-ce la bonne personne pour moi? '', cela coulait de source.
Et puis il faisait moche, ne dit-on pas aussi " mariage pluvieux, mariage heureux! " ...Il n'a pas plu assez ce jour-là.
2000 fut l'année d'apprentissage de la vie à deux, savoir prendre ses marques vis à vis de l'autre tout en se préservant un espace de liberté.
Ce fut aussi l'heure des premières difficultés conjugales, les premières disputes, les premières blessures, celles qui marquent un coup d'arrêt dans la relation. C'est à ce moment-là qu'on se demande " ai-je bien fait finalement? ". Il fallait bien aussi se rendre à l'évidence que le couple est surtout une histoire de compromis où chacun est amené à mettre de l'eau dans son vin pour préserver l'harmonie.
Un peu trop gâté, ultra-protégé, je me suis forgé un caractère fait d'obstination, ne surtout jamais se remettre en question, j'ai raison, les autres n'ont qu'à changer...MOI je vais bien, les autres ne comprennent rien. Je me doute bien qu'au quotidien cela ne devait pas être aisé à encaisser, pour ma femme en premier.
Mais 2000 fut aussi l'année d'une nouvelle orientation professionnelle, la voie de la sagesse vers Luxembourg...
Le fait marquant de cette année restera la découverte d'une amitié sincère, sans doute une première pour moi. Non seulement je m'amusais comme un petit fou dans ce travail mais j'y avais aussi trouvé la partenaire de jeu idéale:Lucie.
19 ans à peine, un rire plus que contagieux, un humour devastateur mais surtout une sensibilité à fleur de peau. Dire que j'ai appris de toi est un euphémisme, tu m'as fait évoluer, tu mas appris à communiquer, à me confier quand les choses ne tournaient pas ronds, tu m'as fait grandir dans les relations avec les autres.
Dire que c'était un travail d'Hercule ne relève pas du grandiloquent mais tu ne t'es jamais découragée. Pourtant toi aussi, tu as du supporter mes bouderies et consorts...
Je sais que j'ai grandi à tes côtés, que j'ai muri grâce à toi. Tu es ma meilleure amie, celle que je souhaite à chacun de pouvoir trouver, ma petite soeur.
2001 fut l'année des projets familiaux et des désillusions...Ca y est, c'était le moment de fonder une famille. Sans pression, sans contrainte, sans précaution particulière, faire et laisser venir.
Au fur et à mesure des mois qui s'égrainaient l'impatience gagnait du terrain..Pourquoi cela ne marchait-il pas? Puis vint le temps des analyses, des questions, parfois des réponses jusqu'à la sentence finale " Monsieur vous êtes stérile...enfin presque .." . Je n'oublierai jamais la froideur et la dureté de ces quelques mots. Un monde s'est écroulé autour de moi depuis ce jour: celui des futurs papa, celui des parties de foot avec mon fils, celui des matchs de tennis avec ma fille, celui de la fierté de tenir dans ses bras la plus belle chose qui soit.
Cela rejaillit alors presque immédiatement sur le couple...La fin d'année est douloureuse, l'éloignement perceptible.
Je ne suis pas un vrai homme alors ? Même pas capable de procréer alors qu'il n'y a rien de plus simple! N'importe qui y arrive mais pas toi Cédric...Justement, pourquoi pas moi ?
2001 c'est aussi le début des problèmes de santé à répétition de papa...Les heures d'inquiétude, les semaines, les mois, les années de convalescence dont il n'est pas encore ressorti..
Alors qu'attendre de 2002? L'inéluctable se produisit..Shirley se détourna de moi, de nous, fugitivement dans les bras d'un autre. Puis se réfugia pendant de longs mois au sein de sa famille.
Seul, incapable de parler ou même de l'annoncer à ma propre famille, je me morfondis doucement dans mon malheur. Je vivais avec l'unique espoir qu'elle me revienne et j'entrepris tout et n'importe quoi pour y parvenir...Déménagement pour un nouveau départ, promesses en tout genre , " tu verras j'ai changé " ...
Puis elle revint le 24 décembre comme un cadeau sous le sapin ...Mais là démarre un nouveau travail, comment pardonner? Comment faire confiance à nouveau?
2002 fut un long calvaire, un repli sur soi terrible, une remise en cause personnelle peut-être salutaire?
L'année d'après eut un démarrage des plus laborieux, il fallait que je sois rassuré à chaque instant, à chaque seconde. Je ne doutais pas de sa sincérité mais j'avais besoin de plus, de preuves tangibles.
Je lui pardonnai plutôt rapidement en fait, et la confiance se réinstaura en quelques mois. J'étais heureux non seulement à titre individuel mais aussi j'étais persuadé que nous étions heureux.
En pareille circonstance, les projets familiaux revinrent rapidement sur le tapis...Nouveau spécialiste, nouvelles analyses, nouveau diagnostic: je ne suis pas totalement stérile mais j'ai besoin d'un coup de pouce de la science ...Tout est mis en oeuvre alors pour y parvenir, je fais des dons, Shirley subit les traitements hormonaux...Les fécondations in vitro se suivent mais les résultats ne sont jamais positifs. C'est dur à encaisser, chaque test négatif est un vrai déchirement mais on reste soudé dans l'épreuve. L'année se déroula au rythme des tentatives.
Puis 2004...Une seule préoccupation: réussir enfin à concevoir..Nouveau spécialiste, nouveau protocole...L'espoir l'espace d'une week-end...Je me souviens comme j'y ai cru...Mais entre le test du vendredi soir puis la prise de sang du samedi dont les résulats s'avérèrent négatifs le lundi après bien des hésitations, la déception fut immense, insoutenable. L'embryon avait bien pris mais en-dehors de l'utérus ..Qui a dit infortune ? On a poursuivi mais l'ardeur y était moins, le coup de frein fut brutal.
2004 c'est aussi l'année de mes 30 ans...Shirley m'avait organisé une fête surprise avec tous mes amis, copains, collègues...Tous ceux qui y ont participé en parle encore aujourd'hui..Cette soirée restera gravée dans ma mémoire.
Mais 2004 c'est surtout la séparation...Un beau soir de juillet...Le départ pour un autre. C'est l'anéantissement pour moi...La descente aux enfers lente mais certaine. C'est aussi le sommeil qui disparait, le rejet de tous et de tout le monde, le rejet de Dieu enfin.
C'est aussi le suicide qui ne quitte plus mes pensées, jusqu'à l'envisager et le préparer un samedi 4 décembre...Plus rien ne sera jamais comme avant après ce jour. Je dois maintenant remonter de tout en bas, aussi bas que l'on puisse être.
2005 sera l'année de transition...Tout ceux qui m'entouraient y ont joué un rôle crucial, mes parents et ma famille en général, mes amies Lucie et Juliette, mon médecin de famille et surtout toi Isa.
Tu avais les mêmes raisons que moi de te retrouver dans un état similaire au mien..On vivait excatement la même chose ! Pourtant que serai-je devenu sans ton amour, ton soutien constant, ton oubli de soi... Tu avais l'air investi d'une mission, me sauver en premier pour que l'on soit heureux ensemble par après. Tu as supporté la méchanceté gratuite dont je faisais preuve à ton égard, l'indifférence et le rejet dont tu as souvent fait l'objet ...Mais rien ne t'as arrêté.
Mon état s'est amélioré au fur et à mesure, mes sentiments se sont développés à ton égard..Il fallait que je fasse mon deuil pour pouvoir entrevoir une relation heureuse avec toi..
2006 devait alors être le retour à une vie paisible et normale! Finies les peines de coeur et la morosité.
Mais ce fut une année de grand changement personnel en premier lieu, l'année de l'ouverture vers les autres, la fin de l'égoisme. Etant d'un naturel assez nombriliste, je me suis mis à aimer les autres plus que moi-même...Faire le bien autour de moi a été un leitmotiv durant toute cette année. Je voulais rendre tout ce que j'avais eu la grâce de recevoir depuis si longtemps. J'y suis parfois parvenu, d'autres fois ont été plus maladroites mais j'ai appris.
2006 a été aussi le retour à la foi...Je pensais l'avoir perdu, j'étais trop rancunier envers Dieu en raison des deux dernières années..Mais j'ai appris aussi cette année que la foi ne se mesurait pas uniquement à l'aune des succès ou des échecs personnels.
Malheureusement 2006 fut aussi l'occasion d'une nouvelle déception...Plus j'aimais Isa, plus elle s'est éloignée de moi...aujourd'hui elle vole de ses propres ailes. J'en suis très affecté car elle représentait ce que j'aimerai retrouver chez ma future compagne! Je ne peux que me dire que nous nous sommes aidés mutuellement à franchir l'épreuve qui nous avait été imposée et que rien que pour cela je ne pourrais jamais oublié ce qu'elle a fait pour moi.
2006 tire à sa fin, les sept années de vaches maigres aussi...
Je vous donne rendez-vous en 2013 pour vous conter avec le champ lexical de la joie ce qu'auront été les sept années de vaches grasses.