Idées de lecture

Vendredi 30 juin 2006

 Comme la plupart des gens, j'ai découvert Paulo Coelho avec l'Alchimiste, son roman le plus connu. Agissant toujours de la meme manière avec un nouvel auteur que j'apprécie, j'ai fini par lire toutes ses oeuvres. Mais au fur et à mesure de celles-ci, je me suis lassé du style et des thèmes récurrents.

Alors le Zahir qu'a-t-il de particulier pour m'avoir enchanté de la sorte ?

La première chose qui me vient à l'esprit c'est que chacun d'entre nous possède ou a possédé son propre Zahir ('Zahir', en arabe, veut dire visible, présent, qui ne peut passer inaperçu. Un objet ou un être qui, une fois que nous l'avons rencontré, finit par occuper peu à peu notre pensée, au point que nous ne parvenions plus à nous concentrer sur rien. On peut considérer cela comme la sainteté, ou la folie.').

J'ai eu mon propre Zahir et cela sans aucun doute a contribué à l'identification que j'ai pu faire par rapport aux personnages.Comment faire pour vivre avec son Zahir ? Pour s'en débarrasser , pour passer à autre chose ? Ce sont autant de questions que soulèvent Paulo Coelho et auxquelles ils donnent des éléments de réponse ou des pistes à suivre.

Ce Zahir que recherche tant Paulo Coelho dans son livre, c'est sa propre femme qui l'a quitté mais sans qu'il comprenne pourquoi. Sa quête de savoir va le conduire à se remettre en cause personnellement.

Le lecteur est invité à mon sens à se poser les mêmes questions, à s'interroger sur ses choix, à réfléchir sur ses actes.

Mais le but de ce livre est avant tout d'aider chacun d'entre nous à mieux nous comprendre.

Phrases extraites du Zahir :

La dernière phrase :
Je me suis levé, je l'ai prise par les épaules, et je l'ai bénie, comme j'avais été béni.

La plus belle phrase :
Je veux croire qu'il est merveilleux d'être libre. Libre de nouveau. Prêt à rencontrer le véritable amour de ma vie, celle qui m'attend et qui ne me laissera jamais revivre cette situation humiliante.

La plus belle phrase :
J'ai eu besoin de la perdre pour comprendre que la saveur des choses retrouvées est le miel le plus doux qu'il nous est donné de connaître.

Mes passages préférés :

La cathédrale c'est moi, c'est chacun de nous. Nous grandissons, nous changeons de forme, nous découvrons certaines faiblesses qui doivent être corrigées, nous ne choisissons pas toujours la meilleure solution, mais malgré tout nous continuons, essayant de nous tenir droit, correctement, de façon à honorer non pas les murs, non pas les portes ou les fenêtres, mais l'espace vide qui se trouve à l'intérieur, l'espace dans lequel nous adorons et vénérons ce qui nous est cher et compte pour nous.
Oui, nous sommes une cathédrale, sans aucun doute. Mais qu'y a-t-il dans l'espace vide de ma cathédrale intérieure ?
Esther, le Zahir.
Elle a tout rempli. Elle est la seule raison pour laquelle je suis en vie. Je regarde autour de moi, [... ] et je comprends pourquoi j'ai affronté la neige, les embouteillages, le gel sur la route : pour me rappeler que tous les jours je dois me reconstruire et, pour la première fois de toute mon existence, accepter que j'aime un être humain plus que moi-même.
Chapitre : La question de Hans - Page : 76

'Ce jour-là, j'avais déjeuné avec une amie qui venait de divorcer et me disait : ' Maintenant ,j'ai toute la liberté dont j'ai toujours rêvé.' C'est un mensonge ! Personne ne souhaite ce genre de liberté, nous voulons tous un engagement, quelqu'un qui soit à nos côtés pour voir les beautés de Genève, discuter de livres, d'interviews, de films, ou partager un sandwich parce qu'il n'y a plus d'argent pour en acheter deux. Il vaut mieux en manger la moitié d'un que le manger entier tout seul. [... ]
'Il vaut mieux avoir faim que de rester seul. Parce que quand vous êtes seul - et je ne parle pas de la solitude que nous choisissons mais de celle que nous sommes obligés d'accepter -, c'est comme si vous ne faisiez plus partie de l'espèce humaine.
Chapitre : Le fil d'Ariane - Page : 267

Par Cedric Dubois
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Samedi 15 juillet 2006

Totalement fan de Douglas Kennedy depuis très peu de temps, j'ai englouti toutes ses oeuvres en un minimum de temps.'' Cul-de-Sac '' est l'un des ses premiers ouvrages et vient d'être réedité, c'est ma dernière lecture.

Comme toujours dans l'univers de Douglas Kennedy, le héros va vivre une descente aux enfers interminable, celui-ci n'échappe pas à la règle.

Tantôt les descentes se transforment en rédemption tantôt elles se terminent comme vous pouvez aisément l'imaginer.

L'Histoire :

Nick, héros bien malgré lui de ce thriller féroce, n'avait rien contre ce pays avant d'écraser un kangourou par une nuit sans lune. Sa rencontre avec la jeune et robuste Angie va le mener en plein coeur du bush. Au milieu de nulle part. Au sein d'un clan d'allumés coupés du monde, sans aucune route pour quitter ce traquenard. Nick, désormais, n'aura qu'une seule obsession : comprendre ce qu'il fait là et sauver sa peau. Fuir alors que toute la communauté le surveille...

Le héros est un homme à la recherche de lui-même, il est pathétique à force d'être banal...On en vient presque à se dire comment il est possible de construire une histoire autour d'un personnage tel que lui!! C'est agaçant au début c'est vrai car Nick a tout du looser et a l'air parfois de se complaire dans ce rôle. J'ai même souhaité au début de la lecture qu'il lui arrive quelque chose, que cela mette un peu de piment dans sa vie, que cela le secoue un peu!!

Douglas Kennedy va plonger son héros dans un univers d'un cynisme absolu et d'une férocité invraisemblable!!

Essayer de s'identifier à Nick, c'est une nuit de cauchemar assurée!!

Bonne lecture

 

Par Cedric Dubois
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Vendredi 4 août 2006

 Réflexion sur la destinée mais aussi roman qui reprend les thèmes chers à son auteur, '' la Touche Etoile '' est une vraie cure de jouvence pour celles qui, comme Alice et Marion, ne craignent pas de regarder la vie - et la mort- en face.

Au travers de ces pages, on peut apprécier le combat d'une féministe d'avant-garde, une des précurseurs bien avant Simone Veil. Parfois le féminisme jusqueboutiste, parfois le sentiment d'être passé à coté de l'essentiel et de n'avoir pas profité de toutes le richesses de l'existence, jusqu'à la fameuse touche étoile..

Pourtant, ce qui m'a le plus ému dans ce roman, c'est la manière dont Benoite Groult va évoquer son passage à un âge avancé de la vie, son refus de se laisser dépasser par les évènements, de choisir elle-même ce qui est peut lui être profitable, de ne pas succomber aux sirènes de la modernité.

Néanmoins, qu'il est agaçant de constater que chaque décision est à placer dans un combat en faveur des femmes...Les achats les plus simples revêtent parfois un caractère si symbolique ...Agaçant pour un homme, surement admirable pour une femme!!

Que dire des lettres échangées avec sa soeur Hélène, de son entêtement à vouloir choisir sa mort et ne pas la subir..Un merveilleux témoignage...

La première phrase :
On m'appelle Moira. Vous croyez ne pas me connaître mais tout le monde vit plus ou moins avec moi
sans le savoir et je tiendrai une place croissante dans la plupart de vos vies.

Un extrait :

Pense à ce qu'il faut mettre en jeu pour marcher, ce n'est plus marcher, c'est se déplacer d'un point à un autre. Et rappelle-toi qu'un jour, même ça, ça paraîtra miraculeux. En attendant, il faut réfléchir au pas suivant et coordonner ses efforts comme fait le petit enfant. Les uns, les plus gros, roulent de droite et de gauche comme si chaque jambe était successivement la plus courte ! Les maigres ont conservé une allure martiale qui n'est plus que raideur et exposent des genoux osseux et des mollets de coq entre le short et la chaussure de brousse. On découvre en la perdant que la beauté d'un geste échappe à la description. Quand la marche ne va plus de soi, c'est un peu de l'harmonie du monde qui est remise en cause. Nous devenons des échafaudages improbables où la défection d'un seul boulon suffit à compromette tout l'édifice.

Par Cedric Dubois
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Lundi 4 septembre 2006

C'est mon coup de coeur littéraire !! Les quelques 700 pages se dévorent en un rien de temps laissant toujours le lecteur dans l'attente, dans la joie ou dans la peine. Rien n'est superflu ou irréel, c'est véritablement une fresque sociale avec des personnages aux itinéraires totalement dissemblables mais dans lesquels chacun pourrait s'identifier...On connait tous des Iris, des Hortense, des Josephine...Et tout à la fin, au lieu de laisser le lecteur sur une note négative comme souvent le font les écrivains aujourd'hui, sans doute tirent-ils un satisfecit de tirer quelques larmes de leurs lecteurs, Katherine Pancol livre une fin d'une remarquable poésie, de positif..

Je me suis trouvé une remplaçante à Anna Gavalda !!

RÉSUMÉ DU LIVRE

Deux soeurs. La quarantaine. Iris, belle, très belle, riche, élégante, parisienne. Autrefois étudiante brillante, elle s'est mariée, et sa vie se résume en un tourbillon vain. Iris s'ennuie, rêve de devenir une autre. Joséphine est une littéraire, historienne spécialisée dans l'étude du XIIe siècle. Beaucoup moins belle, beaucoup moins à l'aise dans la vie. Mariée, elle a deux filles, vit en banlieue et se bat pour tenir debout. Un jour, à un dîner, Iris prétend qu'elle écrit. Entraînée par son mensonge, elle persuade sa soeur d'écrire un livre qu'elle signera, elle. Abandonnée par son mari, acculée par les dettes, Joséphine se soumet. Elle est habituée : depuis qu'elles sont enfants, Iris la magnifique la domine. Le destin de chaque soeur va basculer.

LES EXTRAITS de "Les Yeux jaunes des crocodiles"

''Elle avait besoin de pleurer. Elle ne savait pas pourquoi. Elle avait trop de bonnes raisons. Celle-là ferait l'affaire. Elle chercha des yeux un torchon, s'en empara et l'appliqua en garrot sur sa blessure. Je vais devenir fontaine, fontaine de larmes, fontaine de sang, fontaine de soupirs, je vais me laisser mourir''

''Une petite fille l'attendait dans le hall de l'hôtel. Sa petite fille à elle, son amour. La vie avait continué après, la vie continue toujours. Elle te donne des raisons de pleurer et des raisons de rire. C'est la vie, Joséphine, fais-lui confiance. C'est une personne, la vie, une personne qu'il faut prendre comme partenaire. Entrer dans la valse, dans ses tourbillons, parfois elle te fait boire la tasse et tu crois que tu vas mourir et puis elle t'attrape par les cheveux et te dépose plus loin. Parfois elle t'écrase les pieds, parfois elle te fait valser. Il faut entrer dans la vie comme on entre dans une danse. Ne pas arrêter le mouvement en pleurant sur soi, en accusant les autres, en buvant, en prenant des petites pilules pour amortir le choc. Valser, valser, valser. Franchir les épreuves qu'elle t'envoie pour te rendre plus forte, plus déterminée. ''


Par Cedric Dubois
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Lundi 6 novembre 2006

 Chez cet adolescent en mal de vivre, rien ne va plus : à 14 ans, ce dernier grandit dans une famille recomposée avec demi-soeur et tout ce qui va avec... En vrai mythomane, il s'invente un métier qui lui apporterait gloire et reconnaissance : écrivain - histoire de ne pas chercher bien loin - et une relation amoureuse avec sa prof. Ca part donc assez mal pour lui et de toute évidence la fugue semble inévitable. Le voilà dans les rues de Paris, la carte bleue du beau-père en poche, à errer, à profiter de l'instant présent, bref à vivre une nouvelle vie. Mais la réalité va brutalement le faire déchanter et les désillusions vite s'installer.
Au risque de rendre fou Florian Zeller, beau gosse de la littérature française, force est de reconnaître que son style faussement familier et totalement dénué d'humour suscite la moquerie et l'agacement dès la première page. A trop vouloir singer le langage actuel, l'auteur de 27 ans finit a contrario par avoir l'air d'un vieux ringard. 'Pas de quoi se pendre en slip', dirait élégamment son personnage.

RESUME

'Au risque de vous surprendre, je voudrais vous raconter ce truc incroyable qui m'est arrivé l'année dernière. C'est pas pour me vanter, mais des trucs comme ça, je vous jure, des trucs aussi incroyables que celui que je vais vous raconter, ça n'arrive pas tous les jours. Même, ça n'arrive jamais. C'est pour ça que j'en parle. Parce que moi, je ne suis pas du genre à baratiner les autres avec ma propre vie. Question de style.'

EXTRAIT

Ce qui est embêtant, avec les gens, c'est qu'ils vous poussent toujours à inventer n'importe quoi. Vous, vous auriez envie de dire la vérité, mais ils font toujours en sorte de vous contrarier. Sans rire, ils vous poussent toujours à inventer n'importe quoi. Parce qu'ils vous demandent en permanence des explications sur tout. Seulement, c'est pas possible de tout expliquer tout le temps. Vous leur dites par exemple que vous pouvez pas aller à une soirée, tout de suite ils vous demandent des explications interminables, genre certificat médical, au lieu de juste comprendre que vous allez pas pouvoir venir. Alors du coup, vous simplifiez un peu, vous arrangez, vous transformez légérement pour pas rentrer dans les détails, presque rien, un petit lifting, et après on vous accuse de mentir. C'est ça qui est embêtant avec les gens. Le manque de logique

MES PASSAGES PREFERES

«J’étais la seule tache d’encre. En fait, l’unique problème dans leur vie, c’était moi»

" Moi, c'était ma technique : donner des détails précis en plein milieu d'un mensonge énorme. Ca noie le poisson."

"Je me suis souvenu que ça tournait pas toute la nuit, le métro. Il fallait bien qu'ils dorment aussi, les conducteurs. Histoire d'être en forme pour les jours de grève. "

Par Cedric Dubois
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Samedi 6 janvier 2007

 Marek Halter est un de mes auteurs préférés, la manière dont il a de faire revivre les personnages bibliques qui ont bercé mon enfance en est sans doute la meilleure raison.

Marie, figure emblématique de la chrétienté devait être un sujet merveilleux pour cet auteur historico-romanesque. Marie reste une héroine peu connue en dehors du fait de la mise au monde de Jésus, qui était-elle? Pourquoi avait-elle été choisie?

Je m'attendai justement à trouver certains éclairages à mes questions mais finalement je reste sur ma faim.

Quasiment trois cent pages sont consacrées à l'adolescence de Marie, sa pèriode 12-15 ans mais cela ne nous apporte quoi? Marie était une jeune juive comme toutes le filles de son âge, mais dotée d'une forte personnalité et d'une soif de connaissance plutôt mise à mal par les préjugés mysogines de son temps; Marie était rebelle face à sa condition de femme et souvent en proie au doute, coléreuse même.

Quid de l'annonciation faite à travers l'ange de Dieu? Très peu à vrai dire, ce qui aurait du transformer sa vie est relaté comme une simple étape de son existence.

Quid du rôle de mère? Du soutien apporté à la mission de son fils?

Rien ou très peu.

Finalement, le coup de génie de Marek Halter est peut-être d'avoir réussi à banaliser la mère du Christ... En ce sens, c'est réussi!

 

Par Cedric Dubois
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Vendredi 6 juillet 2007

Mon voyage à Singapore m'a permis de me replonger dans la lecture de l'un de mes auteurs favoris.

'La Femme du Ve' de Douglas Kennedy n'échappe pas au style caractéristique de l'auteur américain, à savoir la chute démentielle de son héros! Je me demande si un jour Douglas Kennedy sortira de ce carcan, mais apparement il existe tant de manière de sombrer dans sa propre existence que cet écrivain en a fait son fonds de commerce!

C'est l'un des plus courts ouvrages, à peine 380 pages qui se laissent se dévorer en quelques heures seulement! L'essentiel de l'histoire se déroule à Paris, à cheval entre le Paris mondain du 6e arrondissement et les quartiers turcs. La foule de détails permet au lecteur de s'imiscer dans ces différents quartiers où le glauque est souvent le quotidien de nombre de ses habitants.

Douglas Kennedy fait en permanence osciller son héros entre deux milieux, l'un réel l'autre inconscient, parallèle, alors à force on ne sait plus quoi penser! On se laisse totalement entrainer par la chute du héros.

Il pose des questions existentielles au travers de cette histoire mystérieuse. La vengeance soulage-t-elle de la douleur ? Jusqu’où pouvons-nous culpabiliser ? Sommes-nous prêts à tout pour protéger les êtres chers ? Un peu facile, un peu bancale, la fin confine le lecteur dans une ambiance de mal-être, sans apporter de point final… Mais la plume de Douglas Kennedy, reste une fois de plus, d’une facilité très agréable.

Résumé du livre

Quand Harry Ricks se retrouve dans une chambre de bonne du Xe arrondissement de Paris, lui qui quelques mois auparavant était encore professeur d'université et père de famille tranquille aux Etats-Unis, il croit avoir touché le fond. Mais voici que la mystérieuse et sensuelle Margit vient bouleverser sa vie. D'où vient Margit ? Comment gagne-t-elle sa vie ? Dépourvu de réponses, il se laisse envoûter. Jusqu'à ce que d'étranges coïncidences viennent perturber son quotidien... 

La première phrase
C'EST ARRIVE L'ANNEE OU MON EXISTENCE S'EST ECROULEE.

 


 

Par Douglas Kennedy
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