Vendredi 5 mai
Il est 6h20 ce vendredi 5 mai, le réveil sonne..je me lève d’un bond et me sens de bonne humeur pourtant mes réveils d’ordinaire sont plutôt difficiles..Un coup d’œil par la fenêtre de la chambre, ciel dégagé, soleil en train de se lever , cette journée démarre on ne peut mieux …
J’arrive à Amnéville sur le parking je vois au loin beaucoup de voitures ce qui est de bon augure mais en m’approchant je ne vois qu’un groupe de personnes âgées , 70 ans de moyenne, en mon for intérieure je me dis qu’il y a un léger hic ou un vieillissement accéléré des participants !!
Mais les bus sont comme les trains , un bus peut en cacher un autre…
Une fois le comptage des participants effectué, les deux bus démarrent en direction de Metz…Avec 5 minutes d’avance sur l’horaire prévu…En 17 ans de voyage je n’ai jamais vu un de nos bus partir en avance…Je souris quand je regagne mon véhicule...Je sens que Dieu est déjà à mes côtés…
Une fois à Metz, je suis impatient de retrouver sur place deux autres mousquetaires. Embrassades, effusions de joie sont déjà bien présentes mais je sens Fred un peu ailleurs, je mets ça sur le compte de la fatigue.
Et là c’est vraiment parti…Yves et Sylviane font la route avec moi dans leur propre véhicule. Un peu plus de deux heure après nous arrivons à Albé sans encombres. Mais avec là aussi le sentiment, que les anges nous ont accompagné durant le trajet en nous faisant éviter les nombreux contrôles de vitesse. Nous avons respecté scrupuleusement les limitations imposées ce qui je dois bien l’avouer est souvent difficile pour moi !!
J’appelle Eric, je lui annonce que la compagnie RNJ a procédé à l’atterrissage, que la température au sol est de 20° , on rit de bon cœur, je suis prêt à mettre la machine en route et à préparer les arrivées.
Il est midi quand pratiquement tous les jeunes de Lorraine entrent dans Albé, l’équipe accueil/hébergement prend possession du hall d’entrée, Arnaud et Olivier branchent l’informatique. Les mousquetaires au grand complet peaufinent certains détails et on réunit les jeunes sur le terrain de volley pour leur rappeler les règles du séjour et distribuer les clés…Parlant sans micro ni porte voix, je sens mes cordes vocales faiblir, pourvu que je ne perde pas l’usage de celles-ci dès le début des RNJ !!
L’après-midi se passe sans faits notoires mais je suis surtout dans l’attente des premières arrivées sur site. Les téléphones crépitent : ‘’ alors vous êtes-vous ? Vos bus seront sur site dans combien de temps ? ‘’ Les mêmes questions toutes les trente minutes jusqu’à 20h !! Et là, les Lyonnais arrivent …suivis des Mulhousiens et des Strabourgeois ! Les salles de restaurant se remplissent , vive la tartiflette quand il fait 25°…
J’étais impatient de rencontrer mes frères Denis et Thierry car les blagues avaient fusé avant le départ des RNJ, j’avais envie de les voir en chair et en os, un peu las du contact virtuel…
On se charrie mutuellement jusqu’au moment où ils m’annoncent tout fiers de leur surprise que comme j’avais plus ou moins tenté de les corrompre en voulant échanger des bouteilles de vin contre des inscriptions de dernière minute, ils avaient répondu favorablement à cette demande…Moi qui avais fait de la lutte contre l’alcool pendant les RNJ un cheval de bataille je suis légèrement embarrassé…Eric m’aide à camoufler les bouteilles dans un sac, que nous nous empressons de cacher dans notre chambre…Bien entendu, je n’ai pas failli à la règle..je n’ai pas partagé les bouteilles avec mes frères !!Finalement elle n’a que des bons côtés cette règle !!
Premier coup de chaud sur l’organisation en soirée : Denis vient me voir pour m’informer que les bus alsaciens prévus pour aller chercher nos frères et sœurs de Paris à la gare de Strasbourg sont inutilisables…L’amplitude horaire des bus, cauchemar du week-end…Heureusement que Denis va faire preuve d’ingéniosité et nous trouver la parade à cette situation, c’est la première fois d’une longue série...
Vers 20h30, près de 70 jeunes de Lorraine se rendent à Hilsenheim afin de préparer la décoration de la salle et la mise en place des tables, cet enthousiasme me rassure c’était une source d’inquiétude pour moi...A leur retour, Fred qui les avait accompagnés, est plié en deux tant il souffre du ventre. Innocemment il nous explique que c’est sûrement la tartiflette qui ne passe pas..
Les jeunes de Paris nous rejoignent avec une heure de retard, il est presque deux heures du matin quand les mousquetaires regagnent leurs chambres.
Samedi 6 mai
5h50… le réveil d’Eric sonne, avec un peu d’avance je dois dire…Les douches avec les cafards se succèdent…Eric se croit au Congo, j’ai l’impression qu’il va s’en faire une salade bientôt !Pour ma part, j’ai un peu plus de mal, la douche est donc forcément rapide..
Premiers échanges téléphoniques avec Toulouse, Marseille, le Nord et Evreux, et surtout premières sueurs froides : 1h30 de retard pour Marseille, et une première version d’Evreux un peu apocalyptique, on fait un rapide calcul, on estime leur arrivée à 15h-16h ce qui bouleverse grandement notre programme….Mais bon comme Eric l’a si souvent répété ce week-end, le mot d’ordre c’est ‘’ on gère’’ !!
J’ai oublié de le dire mais il fait de plus en plus beau et chaud…
Toulouse arrive en premier avec des petits yeux mais un grand sourire !!
La journée du samedi est placée sous le signe du Struthof, cet unique camp de concentration présent sur le sol de notre pays.
Je ne sens pas une ferme adhésion autour de cette visite de la part des jeunes pourtant cela cadre si bien avec le thème de la Paix ..Les premiers départs sont un peu chaotiques mais finalement presque tous les jeunes auront visité et rendu un certain hommage aux victimes du nazisme.
Les jeunes de Marseille arrivent enfin…Cela fait du bien de les voir, c’est tellement rare !
Puis les jeunes du Nord…Les nouvelles s’améliorent en provenance du car d’Evreux qui finalement nous rejoint peu avant 14h, presque à l’horaire prévu !!Notre Dieu est encore une fois intervenu.
J’ai envie d’aller au Struthof car je ne l’ai jamais visité et puis de toute façon je dois aussi y régler la facture, Eric et moi décidons alors de nous y rendre en voiture…Le temps nous est compté , on ne peut qu’y rester une demi-heure…Je reste sans voix devant les ravins de la mort puis écoeuré dans les différentes salles de torture, d’autopsie et de mise à mort.
Durant la pénible remontée vers le mémorial, nous échangeons de nombreuses pensées sur
ce que nous avons vu mais aussi sur l’âme humaine, comment a-t-on pu aller aussi loin dans le mal ? L’atmosphère est rendue lourde et pesante par ce que nous avons observé, par la chaleur, par l’imagination qui tourne à plein régime… Je me vois tentant de gravir la colline, poussant devant moi un chariot rempli de blocs de pierre, en plein hiver, sans force…Le retour à Albé est grave, mais l’attitude pleine de dignité de la part des jeunes que nous avons rencontrés lors de notre visite atténue beaucoup ce sentiment de dégoût.
A notre arrivée à Albé quasiment tous les jeunes sont déjà partis en direction d’Hilsenheim,nous effectuons le voyage à trois puisque Fred fait la route avec Eric et moi .
La pression monte un peu car cette soirée est cruciale en ce qui concerne l’ambiance et le thème de notre séjour.
Sur place, la soirée commence par une répétition où se succèdent nos deux chefs de chœur, Jonathan et Vital. On ressent néanmoins une certaine fatigue dans les différentes voix, fatigue bien légitime.
Je cherche Aurélie car c’est elle la pièce maîtresse de la soirée qui s’annonce, on me dit qu’elle s’est isolée, je suis inquiet c’est vrai et ce encore davantage quand elle réapparaît, stressée à un point inimaginable, je l’encourage du mieux que je peux.
Elle est là, debout devant 700 personnes qui guettent ses paroles …Elle se lance, tout de suite je sais que c’est gagné , ses mots font mouche et s’enchaînent comme dans un rêve. Elle explique alors au comble de l’émotion que le lâcher de ballons qui va suivre est un message pour l’éternité, elle dédie cet événement aux sacrifiés du camp du Struthof et en sanglotant joint aussi toutes les âmes qui ont rejoint l’autre bord parmi les rangs de la jeunesse. Son émotion est tellement forte qu’elle ne parvient plus à s’exprimer, un silence extraordinaire pèse au-dessus de l’assemblée…Puis c’est l’explosion , les jeunes l’encouragent et l’assurent de son soutien en scandant son nom , j’ai les larmes aux bords des yeux et je suis loin d’être le seul.
Elle réussit à poursuivre en expliquant aussi qu’une fresque va être réalisée par les jeunes où chacun pourra y dessiner sa main.
Cette fresque est la réponse à l’invitation exprimée par notre apôtre-patriarche Leber lors de son intronisation quand il a dit ‘’ je vous tends mes mains ‘’ .La jeunesse de France souhaite ainsi lui répondre en lui offrant cette fresque lors de sa visite en juillet prochain.
Puis chacun va chercher son ballon et y inscrit un message personnel qui y est attaché.
J’en profite pour prendre Aurélie dans mes bras et la féliciter chaleureusement, je suis heureux et vraiment fier d’elle à ce moment –là.
Vient alors le lâcher de ballons, 650 ballons blancs s’élèvent dans le ciel, l’image est sensationnelle, quel merveilleux message pour l’éternité !
Un barbecue permettra alors aux uns et aux autres de se restaurer mais je suis à nouveau anxieux car nous avons un impératif horaire à respecter qui déterminera les heures de départ pour le service divin du lendemain…Je ne peux pas me faire à l’idée que les jeunes arrivent après 10h au service divin à cause d’une fichue réglementation et pourtant c’est bien le risque encouru…Denis me presse de faire accélérer les choses mais il faut quand même que tout le monde mange !
Pour gagner un peu de temps, je prends la parole pour délivrer certains messages et recommandations. Je veux surtout insister sur le respect des règles.
En descendant de l’estrade je me fais cette réflexion intérieure que j’ai été trop sévère, trop directif, que les jeunes vont penser que je ne les aime pas , que je suis juste là pour leur donner des ordres...Cette intervention me laisse un goût amer, j’ai l’impression d’être le trouble-fête , celui qui gâche l’ambiance.
Pour conclure la soirée nous étions convenus que notre apôtre de district prendrait la parole…Il nous annonce alors la nomination de Fred en tant que responsable de la Jeunesse de France et l’invite à le rejoindre…Je comprends mieux alors ses maux de ventre et le fait qu’il soit un peu ailleurs.
Ma première réaction est pour lui en tant qu’homme. Ayant été relativement proche depuis quelques mois, je me suis demandé comment il allait encore pouvoir assumer une autre mission en plus de celles déjà existantes. Mais tout de suite une autre réaction se fait jour en moi, c’est la joie de pouvoir travailler pour le Seigneur à ses côtés.
Notre apôtre de district nous invite à prononcer tous ensemble la prière du Notre Père dans une ferveur indescriptible, notre Dieu a une nouvelle fois préparé nos cœurs pour le service divin de demain, le point d’orgue de nos RNJ 2006.
Nous sommes quatre à rentrer en voiture pour Albé : Eric qui conduit, Fred , Dirk et moi.
Je sens la tension qui règne, les paroles sont rares, les traits d’humour habituels inexistants…C’est comme si chacun d’entre nous partageait en silence les craintes de Frédéric.
Une fois dans notre chambre, Jonathan nous rejoint , et Fred demande à Dirk et à moi-même de faire la prière. Nous sommes tous les cinq agenouillés à même le sol souillé, je suis fatigué, ma voix est rauque mais je me lance puis Dirk me succède. Nous nous relevons péniblement et nous embrassons les uns les autres.
Il est 1h30 du matin je me demande comment Fred va faire pour trouver le sommeil.
Dimanche 7 mai
Le problème dans une chambre de 5 garçons avec une douche exiguë c’est que le dimanche il faut non seulement se laver mais aussi se raser !!C’est en quelque sorte le branle-bas de combat entre 6h et 7h du matin en ce dimanche.
Me sachant plutôt lent pour me préparer je prends ma douche en dernier.
A 8h, les quatre mousquetaires plus Dirk et Jonathan se retrouvent dans notre chambre pour faire la prière.
Nous sommes tous les six agenouillés en costume quand Fred débute une prière incroyable…C’est comme si la puissance de son ministère agissait déjà au milieu de nous, je suis sidéré par la ferveur et la tension qui règne dans la pièce à ce moment-là.
Nous nous relevons et nous serrons tous les six les uns contre les autres , assurant au passage Fred de nos intercessions en sa faveur.
Je suis gonflé à bloc, mon capital émotionnel au bord de l’implosion.
La route vers Strasbourg se fait en camionnette pour Eric, Dirk et moi , Fred quant à lui est parti en bus afin qu’il soit déchargé de toute contrainte organisationnelle jusqu’au service divin.
Finalement, le dernier bus arrive à 9h50 c’est un soulagement.
Je m’assieds dans la chorale, fait inhabituel pour moi, à côté d’Eric. Je me laisse entraîner par les différents chants introductifs même si quelquefois j’ai du mal à suivre.
L’atmosphère est étrange, je ressens une attente énorme de la part de la jeunesse, on dirait que chacun est là afin de recevoir une bénédiction particulière, une somme de demande gigantesque est aux pieds de l’apôtre de district.
J’ai l’impression que ces bénédictions vont lui être arrachées à n’importe quel prix !
Mon premier sursaut a concerné l’offrande, j’ai fait mon autocritique mais cette remise à plat sans arrière-pensées a été salutaire je peux l’attester.
Souvent mes yeux sont brillants au cours de ce service divin, les larmes coulent à plusieurs reprises, j’ai l’impression que Dieu ne s’adresse qu’à moi, que je suis seul avec lui dans l’église,que cette parole est uniquement pour moi.
Mes émotions sont encore décuplées lorsque la Sainte Cène est dispensée aux défunts puis lorsque Frédéric est ordonné dans son ministère de berger.
Pourtant, je me sens un peu oppressé, je n’ai pas su me défaire d’un poids pesant sur mon cœur.
Je suis vraiment touché par l’émotion ressentie par notre apôtre de district lors de l’interprétation du cantique 638 en son honneur, je n’arrive plus à le regarder tant mes yeux sont brouillés par les larmes.
Quand tout est fini, je reste quelques instants assis dans le banc puis je me dirige vers Fred car je veux le serrer dans mes bras. J’ai plus l’impression que c’est lui me réconforte plutôt que l’inverse.
En patientant pour serrer la main de l’apôtre de district, l’ancien de district Rothfeld vient vers moi, me serre dans ses bras et m’embrasse en me disant que l’apôtre Dubois lui manque, qu’il prie pour qu’il recouvre la santé et veut absolument que je lui témoigne de son soutien.
Les larmes repartent de plus belle car là c’est un sujet sensible pour moi.. Je suis tellement déçu , triste et inquiet que papa ne soit pas présent en ce jour.
Mes yeux sont plus qu’humides quand l’apôtre de district me tend la main. Je le remercie ; il en fait de même, j’insiste je lui redis c’est moi qui vous remercie…Mais là j’ai plutôt envie de lui crier combien ce service divin était pour moi, combien les paroles exprimées ont touché mon âme ! J’ai envie de lui dire ‘’ vous croyez que ma foi est forte car je m’investis à différents niveaux dans l’église mais vous ne savez à quel point elle est chancelante ! Vous ne savez pas à quel point l’organisation de ces RNJ a été une bouée de sauvetage pour ma vie de foi ! Vous ne savez pas à quel point j’en veux à Dieu depuis que ma femme m’a quitté et par après depuis que papa est malade ! Non vous ne savez pas mais aujourd’hui Dieu m’a répondu et il m’a dit que ma récompense viendra en son jour, que de salaire immédiat il n’était pas garanti, et qu’il fallait que je persévère dans l’obéissance et l’offrande ! Et surtout il m’a redit qu’il m’aimait et qu’il comptait sur moi ‘’.
Ma pudeur au niveau des sentiments ne m’a pas permis de dire tout cela mais l’essentiel est que ce soit gravé au fond de mon cœur.
Après un déjeuner au restaurant universitaire, tous les jeunes prennent la direction d’Hilsenheim.
Là, une surprise les attend puisque chacun d’entre eux reçoit un tee-shirt à l’effigie des RNJ 2006.Tout le monde est en blanc et prêt pour une nouvelle surprise.
L’objectif de cet après-midi est de former le mot paix par le biais des 650 jeunes présents, la mise en place s’effectue lentement et sous la chaleur mais vers 17h30 notre aviateur démarre ses prises de vue.
Sa première réaction téléphonique est tellement enthousiasmante que je me demande bien ce qui nous attend !!
Le diner spectacle débute…La fête commence, l’ambiance est plus que festive et joyeuse !
Vers 20h, je reçois par e-mail sur mon téléphone portable la photo de l’emblème. Quand j’ouvre le document et que cette photo apparaît je n’en crois pas mes yeux tant cette photo est parfaite et symbolise tout ce dont je n’osais espérer ! Je suis tellement ému que mes yeux laissent une nouvelle fois échapper quelques larmes.
Il faut par tous les moyens que cette photo apparaisse sur l’écran posé sur l’estrade, malheureusement j’ai oublié le cordon nécessaire pour cela ! Je cherche une solution qui a du mal à venir mais finalement je finis par trouver.
Qu’elle est belle cette photo, je me mets un peu à l’écart et savoure mon bonheur.
Puis monte sur scène Jean-Luc Schneidermann, présentateur vedette du célèbre jeu télévisé ‘’ Attention à la Marche ‘’…La sono diffuse à fond des tubes hyper entrainants, l’ambiance est électrique , la salle surchauffée, les jeunes crient, hurlent, montent sur les tables pour encourager leurs favoris !! Je jette un coup d’œil de temps à autre à notre apôtre de district pour observer ses réactions…bon à priori ça passe !!
Fred et moi sommes pliés en deux à la question ‘’ combien de jours un cafard peut-il vivre sans tête ? ‘’ car en même temps est diffusé un extrait de la chanson de Dany Brillant ‘’ Suzette ‘’ dans laquelle justement l’un des passages cite ‘’ j’ai perdu la tête depuis que j’ai vu Suzette ‘’ !! C’est tellement à propos !!
Pendant presque une heure, Guillaume va maintenir la salle en ébullition !!
A la fin du jeu, les jeunes improvisent une chenille et circulent à travers les tables en dansant sur des musiques rythmées…Ca me fait sourire mais je n’ai pas envie que cela se finisse en soirée dansante non plus !!
Heureusement le dessert réussit à calmer les esprits !!
C’est le moment des remerciements, un chauffeur vient me voir en me demandant de pouvoir dire quelques mots à l’assemblée…J’hésite je ne souhaite pas que cela dérape.
Je lui demande la teneur de ce message, il me répond que c’est une surprise.
Je réitère ma question car je souhaite garder le contrôle sur la soirée…Il me dit alors qu’il est le porte-parole des chauffeurs et qu’ils veulent délivrer un message de remerciement pour le comportement qu’ils ont pu observer dans leurs cars.
Je lui tends le micro, je me sens un peu gêné…mais je suis empli de fierté aussi pour les jeunes.
C’est au tour de l’apôtre de district de remercier l’organisation, je suis touché par l’attention de l’équipe d’animation qui offre aux quatre mousquetaires une cape et une épée.
Mais je suis tellement heureux et fier d’avoir travaillé avec eux, ils ont dépassé toutes mes espérances, se sont engagés comme jamais , leurs investissements et leurs sacrifices ont porté des fruits et surtout ont réjoui l’ensemble de la jeunesse de France.
Je suis bien au fond de l’estrade avec mes trois frères mousquetaires, les jeunes lorrains ont bien mérité ces applaudissements.
Et voici que nos sœurs d’Evreux apportent leur contribution, elles redonnent une certaine solennité à la soirée en interprêtant différents chants africains !!
Evidemment, nous sommes tous subjugués par leurs voix !! On sait à chaque fois ce qui nous attend mais pourtant l’impression est toujours aussi forte !!
Les frères les rejoignent alors sur scène et débutent alors un fabuleux tour de chants !!
La soirée s’achève par le rangement de la salle où chaque participant va donner un coup de main pour empiler, plier, nettoyer…Cela est fait en un temps record !!
Au retour d’Hilsenheim je pressens à juste titre que la nuit va être courte pour une grande majorité des jeunes, je suis un peu inquiet malgré tout.
Ceci dit je regagne ma chambre, nous nous agenouillons c’est Jonathan puis Eric qui vont prier. A l’issue de leurs prières, nous nous tenons quelques secondes par les épaules en restant silencieux, il y a tant de fraternité et d’amour durant ces quelques instants.
Lundi 8 mai
Réveil beaucoup plus tardif …il est 6h45 c’est quasiment la grasse mat ! Eric comme tous les jours est le premier sous la douche mais la fatigue est présente sur les épaules de chacun.
Une fois dehors je guette les éventuels dégats, je suis plutôt agréablement surpris, rien d’anormal, tant mieux!
L’ambiance est au départ , comme dit Stef ‘’ça pue la fin ‘’!! Les premiers à partir sont les jeunes du Nord et de Toulouse, les mines sont un peu tristes, certaines paupières très gonflées!!
Tout le monde se promet de rester en contact, de tenter de se revoir le plus rapidement possible!! C’est un voeu pieux qui est exprimé là!!
Et il pleut, il fait froid …notre apôtre de district nous dit ‘’que même le ciel est triste que vous partiez’’, c’est une parole qui m’a touché.
Les départs se succèdent, j’embrasse beaucoup de monde mais chose surprenante autant de garçons que de filles!!
Vers 11h je décide me rendre à Saales afin de régler la facture de l’hébergement.
Je suis fatigué, la route est sinueuse et sincèrement mes pensées sont ailleurs…Puis c’est l’accident, je heurte à pleine vitesse un trottoir, le choc est assez brutal mais à l’écoute de la voiture je n’ai pas l’impression qu’il y ait trop de dégats, je poursuis les 3 kms qu’il me reste avant d’arriver à Saales.
Je règle les détails administratifs, la directrice est enchantée de l’état des chambres , du comportement des jeunes présents!! Je suis super heureux!!
Je regagne ma voiture et là les dégats me sautent aux yeux..Un pneu totalement à plat, un autre en partie éventré! Je suis subitement abattu, j’essaie par tous les moyens d’obtenir un dépannage mais toutes mes tentatives restent vaines…Je n’ai pas le choix, je dois laisser ma voiture à Saales et revenir la récupérer demain.
J’appelle Eric pour qu’il envoie quelqu’un me chercher…Je dois dire que mon moral descend en flèche…Je me sens vide tout d’un coup.
Pascal arrive , je n’ai pas trop envie de parler durant le trajet.
Puis tout d’un coup il me dit que c’est incroyable comme la parole du service divin s’applique à moi-même à ce moment précis en faisant référence aux récompenses possibles accordées par notre Dieu.
Je ne réponds rien, je médite là-dessus jusqu’à notre arrivée.
Je me rends dans la salle de restaurant, la vue de tous les jeunes et la pensée de Pascal produisent leur effet, je sens que ma morosité me quitte aussi vite qu’elle était venue!!
Je me dis que ce coup-ci j’ai obtenu un salaire immédiat car notre Bon Père Celeste m’a accordé de nouveau la paix et la joie!!
Par contre, je suis épuisé, vidé physiquement ! Je vois autour de moi Lionel et Hervé qui courent encore dans tous les sens pour inspecter l’état des dernières chambres, je me demande comment ils font!!
Ca y est les jeunes d’Alsace nous quittent, je prends une dernière fois Denis et Thierry dans mes bras! Je les aime mes frères.
Puis c’est au tour de la Lorraine…Mais nous sommes décidés à montrer une dernière fois notre soutien à Fred, toute la Lorraine lui chante le cantique ‘’ J’ai un ami ‘’. Il pleut le ciel est toujours aussi triste mais la joie est bien présente, l’émotion est forte mais contenue.
Je sais que les RNJ 2006 ne sont pas finies pour moi, qu’il faut que je revienne demain chercher ma voiture et qu’ensuite je boucle le budget…Je dors deux heures entières dans le bus.
C’était en mai, j’ai rencontré Dieu , c’était merveilleux…
Les RNJ 2006 ne se sont pas étalées sur un grand week-end uniquement mais bien sur une semaine complète.