Quand on a la trentaine, un job de rêve qui accapare tout notre temps et qui rapporte beaucoup d’argent on a tendance à se dire que la
vie est belle. Mais pour Samantha le bonheur est tout relatif et ne va pas durer. Avocate renommée, elle voit sa vie s’écrouler lorsqu’elle fait perdre plusieurs millions de livres à son
entreprise. Désespérée, la jeune et, évidemment, jolie femme de loi court s’exiler dans un manoir de la campagne anglaise où elle se fait embaucher comme bonne à tout faire.
Plus rocambolesque, Sophie Kinsella n’aurait pas pu faire, mais bien que la situation soit presque impossible on se laisse tout de même séduire. Ce roman, plutôt destiné aux filles, happe
le lecteur pour ne la laisser que souriant et béat à la dernière page. Car, en effet, le happy end assuré, et pour tous les personnages du récit qui plus est. On notera que pour une fois
Samantha est certes accomplie dans son travail mais n’a pas 15 prétendants sous sa fenêtre et ne brille pas particulièrement dans les taches ménagères.
Le récit aussi captivant soit-il ne renouvelle malheureusement pas le genre mais est ce bien là ce qu’on lui demandait ? Pas sûr. Sophie Kinsella étant la créatrice de la série ‘Accro au
shopping’, on retrouve avec délectation son style empreint d’humour et de petite référence 100 % girly. On dévore donc cet ouvrage avec autant de plaisir que si l’on retrouvait une
vieille amie. Pour ce qui est du roman de l’année on repassera mais en attendant on se sera bien amusé.
Extrait:
Nathaniel prend tout son temps pour déboutonner sa chemise.J'aperçois un peu de peau bronzée avant de baisser les yeux.
Arrête de jouer les vierges effarouchées, me dis-je. Il enlève sa chemise et alors ? C'est pas l'affaire du siècle !
Ce matin en me rasant, je fixais le miroir
Et...ce fut étonnant...Je vous en conte l'histoire:
Alors que je pensais, j'ai trouvé ça étrange
Lui, il réléchissait avec sa gueule d'ange...
A chaque mouvement ensuite que je faisais,
Il allait m'imitant et pas du tout discret
Il mimait sans retard, vraiment au même instant
Je sentais son regard sur moi, très insistant...
Je me suis mis alors dans un état extrême
Ce type, ce butor à face de carême
Provoqua mon humeur, je fronçai les sourcils
Lui fis un bras d'honneur, le traitai d'imbécile.
Je ne l'entendais pas, non, mais j'ai bien compris
M'empruntant ces mots-là, il les disait aussi
Comme je m'énervais, lui, il en fit de même
Ma colère montait, il en devint tout blême.
Excédé je me lâche, lui fais une grimace,
Diable! Là je me fache, quel toupet! Quel audace!
Je lui tirai la langue, Que croyez-vous qu'il fit ?
Cette espèce de dingue, la tire aussi, pardi!
Comme il est ridicule! Ah s'il voyait sa afce!
Je regarde, incrédule, cet idiot dans la glace...
Montant sur mes chevaux, le traite d'abruti
Et je hurle aussitôt: " Allez file d'ici! "
Ah ça mais quel culot! Prononçant mes paroles
Il me vole mes mots, intreprête mon rôle.
Las de me confronter, je pris un bain de mousse..
Planqué dans la buée, il s'éclipsa en douce...
Ce jour est la journée internationale pour la Paix...A ma manière, je souhaite y contribuer.
Combien étions-nous ?
A naitre à cette heure-là
D'une contraction de ventre
D'un spasme du néant
A rejaillir du tunnel
Contraints ou consentants
Pour prendre place,
A la table du temps
Combien étions-nous ?
Fermés à la dilatation
A l'autonomie réfractaires
Ou gobant l'atmosphère
Explosant de sensations
Le nez et le coeur palpitants
Baptisés d'eau et de sang
Je nous imagine au départ
Certains, yeux respirants
Certains, yeux éblouis
Certains déjà meurtris
Chaloupés par des mains
A la mémoire enfouie
Je nous imagine
Un peu plus de candeur
Un peu plus de confiance
Un peu plus dans l'inclinaison
A savourer l'insouciance
Mais a-t-elle uen saison ?
Je nous imagine
En passe d'amnésie
Assis à califourchon
Entre hier, nous étions
Et aujourd'hui, devenons
Explorateurs sous contrat
Prisonniers de trois kilos trois
Combien avons-nous été ?
A courir les dix premières années
Dans l'amour et la tendresse
Sans collection de claques aux fesses
A avoir, nos deux parents
Unis, présents et rayonnants
Combien avons-nous été ?
A faire le chemin des écoliers
Etre libre, ce n'est pas très compliqué
Mais que faire de sa liberté ?
Combien sommes-nous aujourd'hui ?
De ses frères et soeurs de début de vie
A être en corps, encore
A être en amour, ce jour
A croire avec raison
A n'avoir peur de la maison
Je crois aux dieux de chair fragile
En la volonté des hommes de bien
Au coeur desquels coulent dociles
Les forces vives du genre humain
Je crois aux ombres sous le courage
A la demi-planète, toute en sommeil
En l'inertie, aux grands ouvrages
En la mouvance du monde intemporel
Je crois en l'effet papillon
En l'utile de toute création
En l'influence universelle
De nos individuels
Je crois comme je respire
Je suis paix comme j'y aspire
" Les grands esprits discutent des idées ; les esprits moyens discutent des événements ; les petits esprits discutent des gens ".